
à la galerie de la Friche-Belle de Mai
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le soir du vernissage
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le soir du vernissage
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performance de Julien Collieux
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Marie Grégoire, sans titre, 2006
photographie Jean-Christophe Lett
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Marie Grégoire (détail)
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Thomas Lannes, La disparition , 2004
photographie Jean-Christophe Lett
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Thomas Lannes, Ping:Pong , 2006
Ping:Pong se présente en
deux parties identiques
dont la deuxième est installée à la
galerie numeriscausa (Paris).
photographie Jean-Christophe Lett
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Olivier Dominici, collectif Z, 2004, détail de l'installation sonore |
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« my heart is spinnin’ round like a washing
machine never saw the devil look so damn clean »
Sonic Youth, Washing Machine (1995)
L’ennui, un moteur pour l’enthousiasme
? C’est ce que semble affirmer l’album des Sonic Youth
dont la couverture est détournée sur le carton de
l’exposition. Si la notion de « génération » n’est
pas une catégorie opératoire, il est cependant possible
d’observer comment la lassitude peut s’installer vis-à-vis
des poncifs d’une époque. Les artistes d’After
Party semblent être arrivés trop tard pour participer à la
fête. Il est devenu inutile de croire que les nouvelles technologies
sont l’avenir de l’art, il est aussi difficile de se
joindre à la convivialité interactive ou relationnelle
(du moment où celle-ci a intégré aisément
la « critique institutionnelle »). Cette difficulté à se
laisser emporter par les truismes de la période, ne trouve
pas chez ces artistes de réponses ni dans une posture mélancolique,
ni dans l’ironie autosuffisante.
Cette exposition s’attache à explorer le pouvoir des formes à engager un rapport au monde. La pureté de la doctrine formaliste est néanmoins entièrement contaminée. Face à la tradition française d’une emprise littéraire sur l’art, ces artistes élargissent le champ d’expérience : le canon moderne de la haute culture est re-scénarisé à travers l’histoire culturelle, de la science-fiction à la musique punk. Plus que pratiquer un simple mixage de références, ces artistes cherchent alors à les activer. S’attaquer aux formes, refuser la logique communicationnelle, signifie une implication de notre propre autonomie de spectateurs, en tant que sujets capables d’une réflexion critique.
Pedro Morais
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Dans
la première salle, une « chambre froide »,
on aperçoit un cube minimal qui fonctionne comme un
outil de communication avec l’extérieur de la
galerie : la même installation est exposée à Paris
le temps de l’exposition pour établir un échange
aveugle, interrogeant les processus et les attentes de l’interactivité.
Thomas Lannes transforme l’art minimal en jeu vidéo
déceptif. D’ailleurs, Dan Flavin semblerait
ici enfermé dans un iceberg de miroirs, réfléchissant
les néons à l’infini. La disparition
est une réflexion sur la nature du médium photographique, éclipsant
le sujet photographié pour faire pénétrer
le regard dans la boîte où la lumière
est emprisonnée. Halory Le Daguenel ouvre le jeu d’optique à l’extérieur,
en disposant une camera obscura qui déplace la perspective
et invite le paysage urbain dans la galerie. Marie Grégoire
envahit l’espace avec une sculpture qui rappelle les
codes du monument public, renvoyant à l’art
de l’ingénierie en acier de la fin XIX siècle.
À cette différence près, que son travail
désintègre
le caractère commémoratif dans un tribut à la
catastrophe. L’exposition est traversée par
une tension froide, qui glisse ensuite vers la menace. Dans
une salle noire, Olivier Dominici installe un espace sonore
inquiétant, enregistré après un plastiquage
en Corse, créant une tension proche de l’atmosphère
du film policier. Le complot est laissé en suspens.
Mathieu Abonnenc reprend une citation en néon du philosophe
Edouard Glissant, interrogeant le statut du « lieu » concernant
le collectif. Ce lieu se voit déstabilisé par
Mathieu Dagorn avec une excroissance du mur, une prolifération
anarchique de briques qui rappelle les compositions des constructivistes.
Une utopie en (des)équilibre auquel répond
ce puzzle monochrome noir : un Carré Noir Sur Fond
Blanc qui est moins l’achèvement d’un
programme qu’un work in progress. Rémi Bragard
modélise le réel à la façon d’un
jeu meccano, envisageant parfois le temps de l’exposition
comme un compte à rebours pour l’auto-destruction
de ses œuvres. L’art minimal rejoint le design
de survie d’un four solaire, tandis qu’une hélice
réfléchissante invente le narcissisme cinétique.
Cette diffraction est prolongée par Rémy Rivoire
dans un wall painting où les bribes d’un avion
de guerre explosé rejoignent une carte de ressources
naturelles où s’organise le conflit. Aymeric
Louis cherche du pétrole mais la guerre est ailleurs
: sa sculpture « géopolitique » est un
agrandissement brutal d’une image 3D puisée
dans un catalogue de jouets.
L’univers du rock a une capacité extraordinaire à fétichiser l’objet, la guitare électrique ou le vinyle, jusqu’à la destruction sur scène. Le rapport entre le son et l’image chez Anthony Duchêne s’établit par l’idée de « reprise » plutôt que dans la dévotion ready-made. Il établit des analogies entre les systèmes sonores et la panoplie d’un scaphandrier sorti de l’imaginaire de Jules Verne, cherchant à perturber tout schéma de lecture avec la stridence d’un effet larsen. Marion Mahu renverse la logique du progrès induit par une gravure de l’Encyclopédie de Diderot, en renouvelant le sens de la notion d’ « effets spéciaux ». Le montage vidéo de Mathieu Abonnenc crée une rythmique qui surgit à travers la danse : une amplification des rapports entre musique, possession et résistance qu’il parcourt à travers Dan Graham, Maya Deren, les Shakers ou Bad Brains. Le do-it-yourself de Julien Collieux s’intéresserait plutôt à l’orchestre amateur : il s’approprie les chants patriotiques officiels pour transformer le cérémonial public en performance collective aussi ratée que burlesque.
Clara Perreaut n’hésite pas à investir le grotesque, transformant l’accident de voiture dans la forêt en trophée de chasse, s’appropriant les représentations de la virilité pour mieux les pervertir. Peints avec les couleurs luisantes des carrosseries, les bustes de Cédric Ponti, présentés sur socle, convoquent le langage de la sculpture académique pour amplifier l’impact politique de ses explosions de guerre. Bard Kristiansen fait une relecture des « genres » académiques de la peinture (portrait, paysage, nature morte) à travers certains motifs de la culture protestante norvégienne. Son refus de cohérence formelle et l’écart radical entre ses sujets, interrogent violemment la pertinence de la notion de goût sans se réfugier dans l’ironie. Les portraits vidéo de Flavie Pinatel engagent les deux côtés de la caméra, pour déployer une jouissance de la peau, de la surface des corps, qui rend instables les frontières entre le documentaire et la mise en scène (de soi).
Pedro Morais
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| A propos du projet
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La conception d’exposition de « diplômés » ou d’artistes issus d’une Ecole d’art doit régulièrement être interrogée et revisitée.
L’objectif était de dégager un concept d’exposition qui mette en relation les travaux et de construire un questionnement qui les réunit.
Le principe de fonctionnement recherché pour le déroulement d’une telle manifestation, celle-ci et celles à venir, se veut horizontal sans établir de hiérarchie entre le local et le global ainsi qu’entre des contextes expérimentaux et plus établis.
La périodicité pourrait s’envisager sur un rythme annuel.
Outre le fait de présenter chaque année de façon
inédite les diplômes de l’ESBAM, l’École
supérieure des beaux-arts de Marseille entend donner un « coup
de projecteur » sur des créateurs qui en sont issus
et dont le travail, pour certains, est déjà salué au
plan régional, national et international.
Le commissariat, afin de garantir un recul nécessaire et
une «vision» renouvelée chaque année
sur l’ESBAM, est confié à une personnalité extérieure à l’École,
dont la génération est proche des «diplômés».
Une édition, conçue et coordonnée
par le commissaire, assure de même qu’un site web, une
large diffusion des diplômes et des artistes issus de l’ESBAM.
N’est-il pas indispensable que l’École
supérieure des beaux-arts témoigne, aujourd’hui
plus que jamais, de sa capacité à produire une pensée
alternative de l’enseignement ?
Rares en effet sont les études qui permettent un enseignement aussi personnalisé, dont le socle est constitué par une articulation singulière et stimulante entre pratique et théorie.
Rares sont les formations qui accompagnent les étudiants dans une quête de l’autonomie et de l’émancipation aussi radicale.
Tout en explorant la notion d’auteur - de sa propre vie - l’ambition collective, collaborative ainsi que la confrontation sont bien des composantes majeures de nos enseignements.
Otto Teichert

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| Publications :
Livret d’exposition publié par l’ESBAM.
Texte de Pedro Morais, commissaire.
Parution : 1er décembre 2006.
Edition d’un catalogue auquel l’ESBAM apporte son concours, coproduction.
Des contributions critiques, à l’initiative de Pedro Morais, viendront s’ajouter à la sienne avec une iconographie qui rendra compte de l’exposition After Party.
After Party :
commissariat réalisé par Pedro Morais
Assistante et coordination : Annabelle Arnaud
organisation & contact :
ESBAM – Ecole supérieure des beaux-arts de Marseille
184 avenue de Luminy, 13009 Marseille
tél : 04 91 82 83 10
Direction : Otto Teichert
Services des expositions et des projets :
Jean-François Brochier, 04 91 82 83 20
jfbrochier@mairie-marseille.fr
www.mairie-marseille.fr
Friche de la Belle de Mai
41 rue Jobin 13003 Marseille
tel : 04 95 04 95 04
www.lafriche.org
Remerciements :
Aux artistes et à Pedro Morais pour leur complicité généreuse et leur disponibilité, ainsi qu’aux étudiants stagiaires de l’ESBAM, Maria Bannelier, Paul Baquié, Laure Catala, Margot Deyert, Sylvestre Léa, Sacha Menard, Pierre-Yves Vincent.
Remerciements aux membres de l’équipe de la régie technique ainsi qu’à l’ensemble de l’équipe pédagogique et administrative de l’ESBAM.
Nos remerciements également à, Pascal Neveux, et à l’équipe
du FRAC, à l’Espace Culture pour son concours attentif et efficace.
Remerciements
aux associations [S]extant et plus, Triangle France, aux Rencontres
des cuisines méditerranéennes, à La Valette du
Var, à l'École supérieure d'art d'Aix-en-Provence, à Système-Friche-Théâtre, à la
galerie Numeriscausa pour leur soutien.
Remerciements
à Cédric Blaisblois, Barbara Ueber, Daniel Carrère, Mariusz Grygielwicz, Mathieu Perfetti.
Remerciements
aux entreprises partenaires, Ricard, Haribo, et à les grandes tables de la Friche pour leur accueil et leur soutien. |

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Mathieu Kleyebe Abonnenc,
Ce lieu qui nous maintient, 2006
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Mathieu Dagorn,
Benign wall growth, 2003-2006
photographie Jean-Christophe Lett
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Mathieu Dagorn, Benign wall growth, détail
photographie Jean-Christophe Lett
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Mathieu Dagorn, 3 Work in progress, 2002-2006
photographie Jean-Christophe Lett |
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Aymeric Louis, Nodding donkey, 2006
photographie Jean-Christophe Lett |
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Aymeric Louis, Nodding donkey, 2006
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Rémy Rivoire, Sans titre, 2006
photographie Jean-Christophe Lett
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Rémy Rivoire, Plaine du nord, 2006, carte écorchée
photographie Jean-Christophe Lett
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Rémi Bragard, Turn over, 2006
photographie Jean-Christophe Lett
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Rémi Bragard, 5 Collecteur d’intensité, 2006
photographie Jean-Christophe Lett
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Marion Mahu, L’invention cachée du siècle des lumières : l’aspirateur à photons, 2006
photographie Jean-Christophe Lett
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Marion Mahu, L’invention cachée du siècle des lumières : l’aspirateur à photons, 2006, détail |
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Marion Mahu, Sans titre, travail en cours, DVD
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Anthony Duchêne, Marion Mahu
photographie Jean-Christophe Lett |
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Anthony Duchêne, Liaison sub acoustique avec les pieds lourds, 2006
photographie Jean-Christophe Lett
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Anthony Duchêne, Liaison sub acoustique avec les pieds lourds, 2006
photographie Jean-Christophe Lett |
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Mathieu Kleyebe Abonnenc, Formes de la rage à venir, travail en cours
DVD, 15min |
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Julien Collieux, Hymne national, 2003-2006
Performance musicale
photographie Jean-Christophe Lett
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Clara Perreaut, Série Scène de chasse, 2004-2006
photographie Jean-Christophe Lett
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Clara Perreaut, Série Scène de chasse, 2004-2006
photographie Jean-Christophe Lett |
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Cédric Ponti, Crashed heads n°1002, 2006
photographie Jean-Christophe Lett
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Cédric Ponti, Crashed heads n°1003, 2006
photographie Jean-Christophe Lett
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Cédric Ponti,
Crashed heads n°1004, 2006
photographie Jean-Christophe Lett
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Bard Olaf Notvik Kristiansen, The Philadelphia Association, 2006 (détail de l'installation)
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Bard Olaf Notvik Kristiansen, The Philadelphia Association, 2006
photographie Jean-Christophe Lett |
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Flavie Pinatel, Sans titre, 2003-2005,
Vidéo, 6 portraits
image Flavie Pinatel |
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